26 février 2009

MANIFESTE POUR UN QUÉBEC FIER !

À ma femme,

À mon fils,
À ma famille,
Aux Québécois !


Il nous faut changer de vocabulaire
Les mots qu’on utilise sont finis, dépassés, périmés.
Il nous faut tout changer,
Jeter par-dessus bord
Ces mots qui nous ont fait du tort.
Ces mots euphémiques qu’on a élevés comme un brouillard
Sur notre intelligence des choses.
Ces mots antagoniques.
Il nous faut des mots qui nous définissent nous-mêmes,
Pour nous-mêmes, et non plus contre personne.
Il est de toute première importance d’oublier le mot « Souveraineté »
Parce qu’il est plein d’associations.
Finie l’insignifiance,
Il nous faut des mots chargés d’histoire,
Des mots signifiants,
Des mots qui disent les choses plutôt que de les taire
Des mots comme patrie, patriote, patriotisme, indépendance.
Les patriotes ne veulent qu’une chose,
Ils veulent avoir une patrie,
Une patrie pour eux et leurs enfants.
À vous tous qui m’écoutez,
Je vous dis :
Nous sommes des compatriotes,
Et notre Patrie, c’est le Québec.
Assez de contre, de malgré, de peut-être,
En réalité,
Depuis des années,
Nous ne nous battons pas contre les autres,
Nous nous battons contre nous-mêmes.
Il est plus que temps que nous nous battions pour nous-mêmes.
Parce que nous en valons la peine,
Parce que nous le méritons,
Parce que nous en sommes capables.
Je suis comme Léo, Léo Ferré.
Je suis « un immense provocateur ».
Je provoque à l’intelligence,
Au verbe qui dérange,
À la pensée multiple,
À la fibre patriotique,
Celle qui nous dit de nous doter d’un Pays.
Nous sommes un peuple trahi, écrasé;
On nous a appris à nous agenouiller,
On nous a demandé de tendre l’autre joue,
On a tenté de nous déposséder de notre territoire,
De notre langue, de notre Histoire,
On nous a asservis.
Rappelez-vous, l’Acte d’Amérique du Nord britannique,
Le Bas et le Haut-Canada,
Cette mystification
Qui ne visait qu’à nous assimiler.
On nous a répété durant des années
Que nous étions nés pour un petit pain,
On nous a traités de « porteurs d’eau », de « frogs ».
Puis, nous avons réagi.
Oui, Lucien, nous avons été lucides, plus que tu ne l’as jamais été.
Les patriotes ont fait preuve de la plus belle lucidité,
Mais eux, Lucien, ils ont aussi démontré
Un véritable courage politique.
Ils avaient compris l’importance de la patrie,
Ils ont donné leur vie pour elle,
Ils étaient courageux et fiers !
Ils avaient une confiance inébranlable dans le peuple québécois.
C’est pas de la lucidité ça, Lucien ?
Le peuple, lui, est lucide,
C’est la classe politique qui ne l’est pas.
Et puis, on nous a écrasés à nouveau.
Les enfants des Patriotes sont devenus « les nègres blancs d’Amérique ».
Et les négriers étaient légion.
Puis, une poignée de Québécois a commis l’irréparable,
Un acte que l’Histoire pourrait retenir comme une erreur,
Une immense erreur, une blessure;
Une plaie qui commence à peine à cicatriser.
Nous avons vu récemment quelques jeunes désoeuvrés,
Découragés, complètement aveuglés par leur impuissance,
Taguer les lettres de cette blessure
F - L- Q
Je le répète, c’était une erreur, une grave erreur.
Nous avons vu l’armée canadienne dans nos rues.
Pour nous protéger ?
Vraiment ?
Puis, nous avons développé une mentalité d’assiégés, de victimes.
Au même instant se produisait l’exceptionnel,
Un rassemblement,
Initié par des Québécois, lucides, eux aussi :
Le Rassemblement pour l’Indépendance Nationale.
Puis un homme,
Un grand homme,
Un tribun,
S’est levé.
Bourgault,
Pierre Bourgault.
Son verbe rassembleur, provocateur, allumait les consciences politiques
Dans le respect le plus grand de l’intelligence de ses compatriotes.
Faudra-t-il le ressusciter ?
Nous possédons énormément de ressources,
Nous sommes un peuple de bâtisseurs,
L’Hydro, le Métro, l’Expo 67, Les Olympiades de 1976,
Mais avions-nous vraiment besoin de Taillibert ou
Était-ce un autre manque de confiance et de fierté ?
Bombardier, Péladeau, Desjardins, Chagnon, Coutu.
Puis, tous les ouvriers qui ont construit le Québec,
Tous les agriculteurs qui nous nourrissent,
Tous les professeurs qui nous ont éduqués,
Tous ceux qui se donnent, chaque jour, pour nous faire grandir.
Nous sommes un peuple de créateurs,
Notre cirque, notre théâtre, notre danse, notre cinéma,
Nos chansons, notre musique, nos vaccins, notre hydro-électricité,
Nos découvertes pharmaceutiques, notre architecture, notre littérature,
Le Québec rayonne ici et à l’étranger.
Malgré cela, nous avons perdu notre fierté, notre confiance en nous.
Nous devons les reconquérir,
Redevenir conscients de ce que nous sommes,
Le porter, le transmettre avec fierté.
Monsieur Lévesque, le 15 novembre 1976, vous avez déclaré :
« On n’est pas un petit peuple, on est peut-être, quelque chose comme un grand peuple »,
Non, Monsieur Lévesque,
Nous ne sommes pas peut-être-quelque-chose-comme,
Nous sommes un grand peuple !
Il ne nous reste qu’à le réaliser.
Je ne fais pas de partisanerie politique,
Je suis sans-parti
Je suis libre.
Mon seul parti c’est mon parti-pris
Pour le Québec et la langue française.
Le Pays ne doit pas nécessairement être une affaire de parti.
Je suis pour le parti qui réalisera l’indépendance du Québec.
J’aurais voté pour Bourassa
Si, après avoir déclaré à l’Assemblée nationale le vendredi 22 juin 1990,
Au lendemain de l’échec des pourparlers du lac Meech,
« Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. »
S’il avait alors déclenché, main dans la main avec les autres partis,
Un référendum sur l’indépendance du Québec, j’aurais voté pour lui,
J’aurais voté oui.
Il ne l’a pas fait.
C’était trop grand pour lui.
Moi je dis que c’est l’indépendance qui est trop grande
Pour un seul parti, quel qu’il soit.
Notre indépendance, c’est l’affaire du peuple,
Notre indépendance, c’est notre affaire.
Notre Québec, il sera social-démocrate
Ou il sera libéral
Ou il sera solidaire
Ou il sera vert
Ou il sera autonomiste.
Mais, avant tout, il doit ÊTRE.
Et ça, le peuple doit pouvoir l’exiger de n’importe quel gouvernement.
Le référendum de 95, on nous l’a volé.
Il nous appartient de gagner le prochain.
Le Canada ?
Le Canada lui-même n’est pas souverain.
La Reine Élizabeth est sa souveraine.
Ce pays qui n’en est pas tout à fait un,
Est celui des Canadiens.
Nous, on le leur laisse.
Nous voulons notre Pays.
Oublions les scénarios catastrophes à la Chrétien qui nous prédisait
Une « piasse à Lévesque » à 75 cents,
Ou ceux qui ont organisé le « Coup de la Brink’s ».
Nous voulons un Québec fier,
Maître de son destin.
Un Québec qui continuera de reluire,
Un Québec qui agira comme pôle d’attraction.
Si le Nouveau-Brunswick a, un jour, décidé
De participer au Canada,
Il pourrait tout aussi bien décider de se joindre à nous.
Pourquoi l’Acadie qui a tant souffert
Ne pourrait-elle pas participer au Québec ?
Le Québec aura son siège à l’ONU,
Qui mieux que lui pourra alors dénoncer les conditions
Faites aux minorités francophones canadiennes ?
Nous pourrons négocier de Nation à Nation
Avec les Premières Nations du Québec.
Je vois les choses d’une autre façon.
Nous devons voir les choses d’une autre façon.
Si la foi peut déplacer des montagnes,
La fierté et la confiance en soi
Peuvent certainement nous donner notre Pays.
On dirait que quelqu’un nous a vaccinés contre la fierté.
Lors des fêtes reliées au 400e de Québec,
On a invité le Pape et la Reine Élizabeth.
Ils ne sont pas venus, tant mieux !
Nos vieilles habitudes ont vraiment la vie dure.
Il faut aussi nous débarrasser de nos vieilles habitudes.
René a transformé notre beau rêve en beau risque,
Résultat ?
Nous nous sommes retrouvés en plein cauchemar.
L’Histoire jugera,
Pas moi,
Je ne suis pas historien.
Moi j’appelle au rassemblement,
À la force du nombre.
La classe politique ne pourra résister au peuple.
Prenons notre avenir en mains.
Nous voulons un Pays ?
Donnons-nous un Pays.
Nous ne pouvons pas refaire notre Histoire,
Mais nous pouvons décider de notre avenir.
Nous n’avons de permission à demander à personne.
Donnons-nous un Pays.
On ne peut certainement pas ressusciter le soldat Bourgault.
Mais son outil qu’il a été forcé d’abandonner,
Son rassemblement qu’il a malheureusement transformé en parti politique,
Son rassemblement de Québécois lucides,
Son rassemblement de Québécois solidaires,
Son rassemblement de Québécois résolument déterminés,
Son rassemblement de Québécois indépendantistes,
Nous pouvons le ressusciter,
Le faire re-naître !
Nous ne pouvons pas refaire notre Histoire,
Mais on peut décider de notre avenir.
Nous n’avons de permission à demander à personne.
Vive le « Rassemblement pour l’indépendance nationale ».
Michel Laurence
09 janvier 2009

En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !