29 avril 2010

Il faut, il faudrait, il va falloir...

(Texte publié sur Vigile)


Si j’en avais le temps, je rechercherais l’occurrence des « il faut, il faudrait, il va falloir, nous devons, on doit, etc... » dans Vigile depuis sa création. Ou encore l’occurrence de la forme impérative des verbes « allons-y, faisons, mobilisons, déclenchons, marchons, réunissons, etc... »
Entendez-moi bien, je ne remets pas en question l’important rôle que joue Vigile en publiant des analyses et des textes éclairants qui ne seraient jamais publiés ailleurs.
Mais quand on se relance les uns les autres sur le pourquoi, sur le où, sur le quand, sur le comment faire l’indépendance, quand on passe des semaines à discuter des notions de « souveraineté » et d’ « indépendance », de « Canadiens-français » et de « Québécois », on tourne en rond; pire, on se donne l’impression d’agir, de se battre pour la cause; on en arrive même à croire qu’on la fait avancer la cause.
Si Vigile avait été là dans les années soixante, le « Rassemblement pour l’indépendance nationale » ou le « Parti québécois » auraient-ils jamais été créés ou se serait-on contenté d’en discuter ici ?
La question vaut la peine d’être posée.
« De la discussion jaillit la lumière ! » me répondront plusieurs. Il arrive aussi que de la discussion jaillissent la confusion, la hargne, la division.
Qui es-tu pour tenir un tel discours ?
Moi ? Je ne suis personne et tout le monde à la fois.
J’ai, politiquement, souvent erré, au sens de « errance »; j’ai, professionnellement et personnellement, réalisé de belles et bonnes choses. Je suis comme tout le monde.
Je suis monsieur Tout-le-Monde.
Je n’ai jamais été membre d’aucun parti politique. Je ne fais pas partie de l’« establishment » souverainiste, ce qui me vaut les regards obliques et la méfiance de plusieurs. Ce n’est absolument pas important.
Je suis monsieur Tout-le-Monde.
J’ai participé à toutes les marches pour la défense du Québec et du français, j’ai milité dans une organisation marxiste-léniniste, j’ai milité syndicalement. Je suis le président fondateur du syndicat des professeurs de COFI; les trois COFI de l’époque, nous avons fait une grève de quatorze mois et, les trois premiers mois, nous avons occupé les trois écoles, 24 heures sur 24, sept jours par semaine. La grève la plus longue et la plus militante que le secteur de l’enseignement ait connue. Nous avons gagné le droit à la syndicalisation des professeurs de COFI, représentés aujourd’hui par le SPGQ, et de meilleures conditions de travail. Personne n’en parle plus, c’est passé dans l’oubli collectif, aucun souvenir, aucune archive sauf, peut-être des articles de journaux.
Je suis monsieur Tout-le-Monde.
J’ai toujours cru à l’union, au consensus, à la force du nombre : dans le cadre de la lutte des COFI j’ai réussi à convaincre Francine Lalonde de la FNEQ (CSN) et feu Robert Chagnon de l’Alliance des professeurs de Montréal d’arrêter de se battre à nos dépens et de travailler ensemble dans l’intérêt des professeurs de COFI.
Je suis monsieur Tout-le-Monde.
Dans le secteur culturel où je travaille depuis près de 30 ans, j’ai activement participé à la mise sur pied du Conseil québécois des ressources humaines en culture que j’ai présidé, au total, cinq ans; encore une fois, ma plus grande préoccupation a été d’établir un consensus entre tous les acteurs du secteur culturel, une première, en ce qui concerne les ressources humaines.
Là encore, j’ai cru à la force du nombre, à l’union, au consensus.
C’est aussi dans cet esprit que j’ai rédigé mon « Manifeste pour un Québec fier ! »
C’est aussi dans cet esprit que j’ai décidé de faire renaître le Rassemblement pour l’indépendance nationale comme mouvement-citoyen. J’en ai parlé ici, dans Vigile.
J’ai, comme d’autres, utilisé les « il faut, il faudrait, il va falloir, nous devons, on doit, etc... » et le mode impératif. À la différence de la majorité de ceux et celles qui interviennent ici, j’ai décidé de lier l’acte à la parole.
Je ne suis pas le seul et, au risque d’en oublier, je vais me risquer à en nommer quelques-uns, des gens qui ont un passé : parmi eux, nous trouvons Serge Charbonneau (appel-citoyen), Pierre Cloutier (synapse), Pierre Graveline (Libre-marcheur).
Je suis intimement convaincu que les mouvements-citoyens sont la voie à suivre.
Je suis intimement convaincu que la force du verbe et de l’exemple est le vecteur de l’indépendance.
Je suis intimement convaincu que le véritable pouvoir appartient au peuple et au peuple seul.
Vive le Rassemblement pour l’indépendance nationale !
Vive le pays du Québec !
L’indépendance d’abord !
Mais qui suis-je pour affirmer une telle chose ?
Je ne suis personne et tout le monde à la fois.
Je suis monsieur Tout-le-Monde

26 avril 2010

Québec Renouveau - Un nouveau parti souverainiste ?

C’est la pire chose qui pourrait se produire.

Je considère le PQ comme notre outil politique dans le sens où lorsque nous, les Québécois, serons prêts à nous donner un pays, le PQ et toute notre députation (Québec-Ottawa) auront le devoir de nous donner ce pays politiquement.

Mais notre indépendance est trop importante pour la laisser entre les seules mains du PQ ou de tout autre parti, aussi nouveau soit-il.

Notre indépendance, c’est notre affaire.

Nous devons nous organiser, développer une force citoyenne assez forte pour amener notre bras politique à agir.

Créer un nouveau parti au lieu de consacrer nos énergies à mobiliser le peuple québécois, nous divisera davantage; nous continuerons à faire ce que nous faisons depuis au moins 15 ans discuter et tourner en rond. Pire, nous aurons l’impression d’avancer puisqu’il y aura alors un nouvel interlocuteur.

En conclusion, la clé appartient aux Québécois eux-mêmes, pas à un nouveau parti politique.

C’est la pire erreur que nous pourrions commettre.

L’indépendance d’abord !

En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !