29 juin 2011

À Son Altesse royale, William, duc de Cambridge

À Son Altesse royale, William, duc de Cambridge
René Marcel Sauvé - Mercredi 29 juin 2011

Voici la lettre que j’ai fait parvenir au prince William au sujet de sa visite au Québec.

Je lui ai envoyé une copie de Géopolitique et avenir du Québec, avec la carte, afin qu’il sache que NOUS sommes une Nation reconnue depuis 1839 au moins, que NOUS sommes un État dont les assises ont été reconnues par la Loi 99 du 11 décembre 2000 et qu’en conséquence, nous tenons à être reconnus comme tels et traités suivant les exigences d’une diplomatie normale.

Rappelons-nous que le fond de terre que nous foulons sous nos pieds chaque jour appartient en titre à sa grand mère, la reine Élisabeth Deux, et ce depuis le Traité de Paris du 10 février 1763.

Ce titre de propriété collective n’a jamais été révoqué, pas même par le Canada Act de 1982, de sorte que Québécois et Canadians ne sont que des squatters sur le territoire de cet espace continental qu’on appelle Canada, ET JE N’INVENTE RIEN.

La différence entre le détenteur des titres sur un domaine et le simple occupant est énorme et se traduit par un droit de regard et de désaveu qui dépasse les pouvoirs, prérogatives et droits de l’occupant.

Ce n’est pas en brisant des carreaux que nous allons régler ce problème fondamental non seulement pour nous mais également pour les Canadians dont beaucoup se rendent compte d’une situation que les oligarques exploitent à loisir pour s’enrichir et faire fortune.

Tombez les pieds par terre de grâce.

JRMS

--------------------------------------------------------------------------------
Montréal, Québec, le 1er Juin 2011

À Son Altesse royale, William, duc de Cambridge
Palais de Buckingham
Londres
Angleterre

Votre Altesse,

Vous et votre charmante épouse seront sans aucun doute très bienvenus au Canada lors de votre première visite qui a lieu aux débuts de Juillet prochain.

Permettez cependant que j’attire votre attention sur certains aspects particuliers qui vont affecter votre visite à Québec le 3 juillet prochain, date de sa fondation, 3 juillet 1608, par Samuel de Champlain.

Contrairement aux exposés d’une certaine propagande très répandue au Canada, Champlain n’est pas le premier gouverneur du Canada, seulement le fondateur de la ville de Québec, première capitale de toutes les colonies et tous les États qui se sont succédé depuis en Amérique du nord, la seconde, Boston, ayant été fondée en 1620.

Si on se réfère au premier Juillet 1867 comme date de l’Acte de l’Amérique Britannique du nord, avec Ottawa, qui n’existe réellement comme capitale que depuis cette date, alors le premier gouverneur du Canada est le vicomte Monck, qui demeura en poste jusqu’au 2 février 1869.

Répandre l’idée que Samuel de Champlain est le premier Gouverneur du Canada vise à répandre la confusion dans l’esprit des Québécois quand à leurs origines réelles, dans l’espace comme dans le temps et à ignorer leurs Actes au cours des quatre siècles d’histoire qui ont suivi.

Malheureusement pour ces détracteurs, les Québécois sont très conscients de leurs origines et leur histoire, de même que de leurs racines ancestrales, en très grande majorité de Normandie (presque 60%), de Bretagne (25% environ) et dans une mesure moindre, de Picardie, Anjou, Vendée et Aquitaine.

Les Québécois savent qui ils sont. Ils ont construit la Nouvelle France pour la Monarchie française et son Oligarchie.

Par le traité de Paris du 10 février 1763, la France laissa à l’Angleterre le territoire qui avait été défriché et mis en valeur par les colons au cours des 150 années précédentes et l’Angleterre sollicita de la part de ces mêmes colons des services logistiques et une participation militaire dans ses guerres contre les Treize colonies d’Amérique et par la suite, contre les États-Unis d’Amérique, contre qui se poursuivirent des hostilités qui se prolongèrent jusqu’au XXe Siècle.

Tout en poursuivant l’aménagement du Québec, les descendants des colons de Nouvelle France contribuèrent à la construction des canaux et chemins de fer qui facilitèrent aux bâtisseurs de l’Amérique Britannique du Nord le déplacement de son centre de gravité hors du Québec et vers l’Ontario méridional, maintenant la principale concentration des intérêts de cette même Amérique Britannique du nord à l’intérieur de cet immense espace continental qu’on appelle Canada et dont le Québec fait géographiquement partie.

Ce vaste mouvement migratoire des colons Loyalistes, Anglais, Irlandais, Écossais et Gallois qui, au cours des cent années qui suivirent l’ouverture du pont Victoria en 1860, a été suivi par les achats successifs de leurs terres, propriétés, domaines et entreprises par les descendants des colons de Nouvelle France restés au Québec, dont le nombre s’était multiplié au point de devenir un peuple, déjà reconnu comme tel par Lord Durham dans son rapport de 1839. Ces achats furent possibles grâce au capital accumulé par les colons devenus un peuple, qui ont travaillé sans relâche pour transformer une nature rude et hostile à l’habitat humain au cours des siècles précédents, tant sous régime Français que sous régime Anglais.

De plus, les Québécois actuels ont été reconnus nation par une motion du Parlement d’Ottawa le 29 novembre 2007. Cette reconnaissance fait suite à tout ce qui précède.

Les Québécois savent qui ils sont et vous seriez très mal avisé si quelqu’un décidait de ne pas vous en informer, afin que vous sachiez en partant à quoi vous en tenir à propos du Québec et de son peuple, particulièrement en cet anniversaire de la fondation de Québec le 3 juillet prochain.

En vous souhaitant un heureux voyage au Canada et au Québec, veuillez accepter l’expression de ma meilleure considération et mon profond respect.

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec, Guérin, Montréal, 1994, 350p.

Aucun commentaire:

En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !