7 juillet 2011

Daniel Gélinas, dg du FEQ, doit s'assumer sans nous insulter

Le Festival d'été de Québec - Jongler avec la croissance


Le Devoir – 7 juillet 2011

Daniel Gélinas, directeur général du FEQ, vient encore de faire la preuve de son étroitesse d’esprit et du fait qu’il est atteint du complexe du colonisé, comme son maire, Régis premier.

Voici ce qu’il a déclaré au Devoir : « C'est vrai que durant toutes les années 1990, ce qui remplissait les terrains, c'était les artistes québécois, les Kevin Parent, les Eric Lapointe. C'est pour ça qu'ils étaient plus nombreux au FEQ, parce que c'était ça que les gens voulaient beaucoup. Les choses ont changé depuis les années 2000 avec la mondialisation. Il y a eu une ouverture sur le monde, la popularité de grands groupes a explosé.»

Quel imbécile !

Les choses ont changé depuis les années 2 000 ? Presley, les Beatles, U2, Prince, Michael Jackson, les Platters, etc. datent de bien avant 2 000. N’importer quoi pour justifier le point de vue du Québécois qui s’écrase sous prétexte d’ouverture sur le monde, comme si les deux, l’amour de la culture québécoise et l’ouverture sur le monde, étaient impossibles à vivre concurremment.

Je n’en reviens pas à quel point les « pas de couilles » du Québec peuvent pérorer pour justifier l’injustifiable.

La vérité ? C’est que Daniel Gélinas est là pour faire de l’argent ce qui, en soit, est tout à fait louable. Mais alors, les subventions et l’argent public sont de trop.

Qu’il l’admette et qu’il cesse de nous dire quand on aime la culture et les artistes québécois nous faisons preuve de fermeture sur le monde.

Bref qu'il s'assume sans nous insulter.

Allez lire Marie-Andrée Chouinard du Devoir http://bit.ly/pmeQql

13 commentaires:

vennest a dit...

C'est difficile de ne pas partager votre colère face au nombre décroissant de méga-spectacles de chansons québécoises au FEQ. Mais à la décharge de Daniel Gélinas, il faut dire que ce phénomène n'est pas la cause du recul de la chanson québécoise mais son reflet. Car ce qu'il y a d'effectivement changé depuis 10 ans, ce n'est pas tant la croissance ABSOLUE de la chanson étrangère au FEQ et ailleurs (elle descend comme toutes les autres) mais sa croissance RELATIVE par rapport à la nôtre. En effet, si vous aviez accès aux chiffres de ventes de disques, vous verriez que nos "gros noms" sont en chute libre, une chute qui, dans certains cas, est de l'ordre de -80%. Ceux qui se tapaient des 150 000 à répétition il y a 10-15-20 ans peinent aujourd'hui à faire 40 000. Notre chanson (en termes commerciaux) décline plus vite que la chanson d'ailleurs. Or, pour une raison que je ne connais pas (et que je n'admettrais pas de toute manière), les chiffres de ventes de disques, contrairement aux billets de cinéma, restent secrets, ce qui inhibe toute analyse (sauf quand on connait les chiffres). N'empêche que ces chiffres concernant les disques sont des prédicteurs de l'attractivité des artistes en salle. Or Daniel Gélinas est aux prises avec une obligation de performance: ses salles (surtout les Plaines) DOIVENT être pleines. Il le doit au milieu dans lequel il oeuvre. Par ailleurs, j'estime qu'un bide d'un show québécois aggraverait notre problème en engendrant de la morosité, ce qui ne serait bon pour personne. Bref, on peut ne pas aimer le fait que nous soyons dans un creux de vague, on peut envier les Américains d'être si bien installés et d'avoir tant de vedettes établies qu'un creux de vague les laisse quand même au-delà de la masse critique, il demeure que ce sont là des faits, et Daniel Gélinas doit "dealer" avec les faits. À long terme, je crois que notre situation se rétablira, et que la consommation de chansons par Internet (en remettant l'accent sur les chansons elles-mêmes, sur leurs attraits artistiques propres et non sur des valeurs périphériques et accessoires associées au marketing) redonnera à notre chanson le cadre d'une meilleure relation avec le public. Nous avons déjà eu des géants armés de leurs chansons géantes. Nous en avons moins, comme les chiffres le démontrent. Mais rappelons-nous qu'il y a 50 ans, nous n'en avions pas du tout. Il faut en rebâtir d'autres, il faut surtout amener les artistes de maintenant à devenir des géants, et à trouver le tour de l'être. Mais ça ne se fera pas en faisant semblant que nous avons des géants maintenant. Les chiffres disent le contraire. Donc Daniel Gélinas a raison.

Stéphane Venne

Michel Laurence a dit...

Monsieur Venne, avec tout mon respect, vous n'avez pas compris mon texte. Dalniel Gélinas peut inviter qui il veut, mais qu'il s'assume. Il a dit : « C'est vrai que durant toutes les années 1990, ce qui remplissait les terrains, c'était les artistes québécois, les Kevin Parent, les Eric Lapointe. C'est pour ça qu'ils étaient plus nombreux au FEQ, parce que c'était ça que les gens voulaient beaucoup. Les choses ont changé depuis les années 2000 avec la mondialisation. Il y a eu une ouverture sur le monde, la popularité de grands groupes a explosé.»

Qu’il cesse de nous dire quand on aime la culture et les artistes québécois nous faisons preuve de fermeture sur le monde. Il est là le problème et je ne peux pas croire que vous partagez son opinion.

vennest a dit...

Dissipons le malentendu (Twitter et ses 140 frappes est une invitation aux malentendus):



a) je ne fais aucun lien entre (1:) aimer ou pas la chanson québécoise et (2:) la programmer à tel ou tel pourcentage au FEQ; je crois que Gélinas fait bien cette différence et son analyse de l'attractivité (déclinante) des nôtres dans la perspective de sa job est juste;



b) je ne fais aucun lien entre (1:) la mondialisation de la culture (qui est d'ailleurs un mythe si on l'entend dans le sens de "présence totalitaire des US dans le paysage") et notre "ouverture" à la dite mondialisation et (2:) aimer ou pas la chanson québécoise; j'ai appris mon métier (et ainsi contribué à la chanson québécoise) en écoutant des chansons étrangères (de Trénet, Bécaud, Presley, Dylan, Beatles); ces choses peuvent coexister; cependant, je pense qu'une obstination à faire semblant que nous avons présentement les géants qu'il faut pour créer des événements géants (quantitativement) est justement cela: une obstination, teintée d'un irréalisme qui ne rend pas service aux nôtres; cette obstination relève d'un déni irrationnel des faits qui peut en effet s'apparenter à de la "fermeture";



c) Gélinas exprime mal sa pensée ou il ne l'a pas correctement développée, ni logiquement ni stratégiquement; remarquez, faisant de toute part l'objet d'attaques concernant sa bonne foi, son intégrité, sa "loyauté culturelle" - voire nationale - , je comprend qu'il réagisse viscéralement donc maladroitement, étant en son for intérieur sûr de son bon droit (et les faits - le succès du FEQ - lui donnant apparemment raison); il n'est manifestement pas équipé (i.e. son entourage de communication) pour élever la discussion jusqu'au plan politique (avec un grand p), inévitable dans les circonstances, celui qui nous intéresse vous et moi;



d) là où je vous suis totalement, c'est pour dire que Gélinas ne peut pas (même s'il le voulait, abrité derrière sa mission marchande) s'abstraire des enjeux qui nous confrontent (et qui vont nous confronter toujours); dans notre position culturelle et démographique, rien n'est "neutre", rien n'est "innocent", et le FEQ pas plus que le reste; je souhaite donc ardemment, puisque le FEQ est un "joueur" culturelle et un outil,quoi qu'il fasse ou ne fasse pas, qu'on sorte de notre vilaine habitude de discuter de nos enjeux nationaux sur base d'invectives et de procès d'intentions, qu'on cesse de se morceller en clans et en chapelles, et qu'on réconcilie stratégiquement ce qui doit l'être; Gélinas souffre du manque d'un "concept unificateur" (une IDÉE ! énumérer les faits, ça ne suffit pas) capable de faire comprendre ce qu'il fait et de rallier autour de cette idée tous ceux que nos enjeux interpellent; c'est faisable, et c'est vendable, sans changer presque rien au FEQ; le problème, c'est que Gélinas est un "doer" entouré de "doers", et que ça prendrait des "thinkers" ici et là DANS son orbite; pour l'instant, ils sont tous HORS de son orbite, d'où, à mon avis, la problématique que vous évoquez.

Merci de votre patience.

SV

G. Hébert a dit...

Tout-à-fait d'accord avec votre analyse Monsieur Venne.. Quel plaisir de vous lire. On reconnaît le grand auteur que vous êtes. Ça fait du bien à notre langue, si riche. La jeune communauté artistique actuelle du Québec est, à mon avis, en grande partie responsable de ce déclin d'attractivité. Je me pose cette question: Comment arriver à faire comprendre à ces jeunes artistes qu'ils n'ont rien à gagner dans la collectivité francophone québécoise en reniant leur langue maternelle ou en faisant des tournées de bordels avec une poignée de français 3 ou 4 fois par année? La facilité complaisante ne m'attire pas, tout comme la "majorité silencieuse": un(e) artiste qui ne fait pas d'effort à cultiver ses propres semences ne mérite tout simplement pas d'être adulé.. c'est simple mais difficile à faire comprendre. Les "sages" dont vous êtes, Monsieur Venne, devraient peut-être s'en mêler, non? Quant à Monsieur Gélinas.. s'il en est un qui ne mérite pas ces attaques, c'est bien LUI!

Michel Laurence a dit...

Monsieur Hébert,

Puisque vous n’avez pas lu ou pas compris ce que j’ai écrit, j’ajoute que Gélinas a aussi déclaré : « Je pense qu'il y a eu une distorsion dans l'esprit des gens, qui croyaient que le FEQ avait la responsabilité, le FARDEAU, de présenter de la musique francophone. »

Peut-être comprendrez vous si vous allez lire Marie-Andrée Chouinard du Devoir http://bit.ly/pmeQql

vennest a dit...

La base argumentaire de Gélinas - même mal exprimée - est factuelle donc contraignante, celle de Chouinart - même bien exprimée - ne l'est pas. Son imposition dans la mission de FEQ de tel ou tel élément moral ne repose sur rien, ne se retrouve nulle part dans le mandat du FEQ. N'importe qui, au nom de son propre "agenda", pourrait imposer n'importe quelle "noble cause" au FEQ: promouvoir la relève, promouvoir le talent régional, promouvoir la chanson sociale, promouvoir la chanson à texte, etc. Ça devient une juxtaposition aléatoire de "bonnes causes", une gibelote. Or une gibelote n'est pas une stratégie, même avec les meilleures intentions. Ça peut même faire reculer la "bonne cause". Car si Gélinas, au lieu de programmer Metallica, avait programmé tel ou tel "gros nom" québécois" et si les Plaines étaient à moitié vides (car il n'existe aucun indice permettant de prévoir le contraire), ce serait un recul, une humiliation, chose stratégiquement mauvaise. Il est impérieux de redonner du oumph esthétique et commercial à la chanson québécoise populaire bien écrite. Mais ça ne se passera pas par la création artificielle d'évènements ponctuels ni par des échecs annoncés. C'est un travail en profondeur, un travail de longue haleine, un travail de terrain, une sorte de réapprentissage artistique et stratégique, qui implique toute l'industrie, qui implique les artistes... et même le public. Et quand ça sera fait, on pourra de nouveau faire "1 fois 5" et "Le loup, le renard, le lion" devant 100 000 personnes. On sait comment. On l'a déjà fait. Faut juste le refaire.

Miville a dit...

Je suis un auteur québécois de talent reconnu immense en Haïti, au Bénin, en Algérie, et au Maroc (sans subventions, ce sont des pays pauvres, donc sans le sou ici) et je suis désolé de vous dire que votre argument nationaliste, ça ne marche plus avec moi, comme avec la masse de vos ouailles : vous ne pensez pas en créateurs de culture, mais en maquignons de la culture, vous ne militez que pour le caractère captif de votre auditoire, dans un pays plus normal comme l'Allemagne ou l'Algérie la médiocrité passe-partout, sous-américaine de vos productions vous aurait confiné aux spectacles pour touristes bas de gamme et encore. Vous avez de plus honte de tout ce qui aurait pu faire une vraie culture, vous trouvez que ça fait habitant, les fédéralistes qui font encore dans le folklore celtique comme les Sortilèges sont en fait moins colonisés que vous. Vous traitez le dramaturge Mohammad d'immigrant méprisant et vendu alors que peu d'hommes ont voulu aimer le Québec autant que vous, à preuve le pèlerinage à pied qu'il a fait de Gaspésie à l'Oratoire. Les Québécois s'apprêtent à sortir de la culture où on les enferme, qui est une sous-culture américaine de troisième ordre où les médiocres s'encensent et s'entre-pénètrent en rond dans des super-galas et écartent tous les vrais talents, de la même manière qu'en un autre temps ils sortirent de la prétendue église où on les enferma. La culture dite québécoise, loin d'être un particularisme intéressant à préserver, est plutôt depuis les origines un laboratoire de mise au point d'une mentalité d'enfermement au service de l'Empire, naguère le Britannique, aujourd'hui le Nouvel Ordre Mondial cher à M. Bush. Les Québécois sont invités à se battre pour une langue qu'ils n'aiment pas et qu'ils n'aiment point parler, dont ils persécutent systématiquement les bons auteurs ou les simples bons parleurs qui ont le malheur de naître ou de passer chez eux. Ce qui est en train de tuer le ghetto culturel du Québec, c'est tout simplement l'Internet et le Youtube, pas la politique fédérale qui au contraire aime entretenir les deux ou les mille solitudes. C'est le même Youtube qui aide les petites cultures authentiques comme les Berbères ou les Créoles à se faire entendre d'un plus large public trop pauvre et trop occupé à survivre pour aller aux spectacles, quand les grands du disque les boudent, et que le Maroc vient tout juste sous cette pression de reconnaître leur langue. Ce même Youtube vous fait rire et vomir par tout le monde sur la planète, tout le monde trouve que vous avez l'air de robots, tout le monde croit aussi voir des productions comme celles des empires communistes de naguère tellement ça sonne faux, tout le monde se demande combien de masses de cadavres ça cache. Même Gilles Vigneault rappelle à la plupart des gens un poète de type soviétique. En fait votre clique de culturels fait régner une chape de plomb permettant moins de libre expression que la défunte URSS, où les revues étaient bien plus nombreuses qu'ici avec plus de variété de points de vue, ou que l'actuel Iran d'Ahmedinejad où on respire maintenant moins mal que non seulement au Québec mais qu'en France. Quand l'Imam Aljaziri, que je n'aime guère soit dit en passant, est venu à RC vous dire de d'accepter de mettre de l'eau dans votre verre de vin, tout ce que vous avez trouvé à dire c'est qu'en retour il devait accepter de mettre votre ... dans son ... . La blague n'est pas drôle du tout, parce c'est ce qu'il faut faire pour entre dans cette clique et avoir une chance de parler ou de chanter ici.

Michel Laurence a dit...

@Miville - J'espère que ça vous a fait du bien de venir vomir sur mon blogue.

@Stéphane Venne - Vous me décevez. Je n'ai jamais dénoncé la programmation de Daliel Gélinas. Ce n'est pas ce qu'il fait qui m'a insulté, c'est ce qu'il a déclaré qui revient à dire qu'avant nous étions refermés sur nous-mêmes et que maintenant, nous sommes ouverts sur monde. Que donc, nous sommes assez grands pour accueillir des anglophones. Quelle connerie ! Nous l'avons toujours fait : Presley, Beatles, The Platters, Michael Jackson, etc.

Pour Gélinas, la francophonie est un FARDEAU.

Je le répète au cas où vous ne l'auriez pas lu, j'en veux à Gélinas pour sa déclaration que j'ai reprise dans mon texte et non pas pour sa programmation !

Est-ce assez clair ?

vennest a dit...

(@MichelLaurence) Oui c'est clair et nous ne sommes pas loin d'être d'accord. Je vous demande seulement d'admettre que pour Gélinas, sur un plan purement OPÉRATIONNEL (programmer les Plaines), le fait de se subordonner à la "bonne cause" de la langue serait certainement un fardeau (j'oublie les niaisages sur ouverture/fermeture qui ne veulent rien dire de précis). Cette "bonne cause" de la langue - surtout abordée de manière militante - ne fait juste pas partie EXPLICITEMENT de son mandat, et de la lui imposer de manière implicite est également un fardeau. Vous DEVEZ lui donner raison, et lire derrière les expressions maladroites de sa position. En revanche, je soutiens que le français québécois en chansons est en soi stratégiquement tout le contraire d'un fardeau, comme l'ont démontré tous nos vrais succès à l'étranger. Cette expertise langagière particulière qui est la nôtre (à condition, bien sûr, qu'il existe des experts, de Leclerc à Vigneault à Plamondon) est en réalité et objectivement un avantage concurrentiel unique dans le marché local et étranger À CONDITION que nous réapprenions à nous en servir et À CONDITION que le milieu tout entier de la chanson l'articule comme un avantage stratégique. Car historiquement, nous avons du succès quand nous "SONNONS" québécois et que nous le faisons de manière EXPERTE. Il faut réfléchir à ces choses sous un angle stratégique (l'angle qui assure une convergence de tous les intérêts en cause donc une mobilisation cohérente des intervenants) et non moral ou politique. En bout de ligne, oui, le FEQ a un rôle à jouer, pourvu qu'il voit des intérêts à en tirer (idem pour les artistes et le public). Mais commençns par cesser de vitupérer et d'invectiver, ce n'est pas stratégique.

(@Miville) Désolé, mais si votre prémisse est "Je suis un auteur québécois de talent reconnu immense en Haïti, au Bénin, en Algérie, et au Maroc", je suis gaga, perdu avant de commencer...

Michel Laurence a dit...

Monsieur Venne,

Vous écrivez "(j'oublie les niaisages sur ouverture/fermeture qui ne veulent rien dire de précis)". Voilà où se situe notre seul désaccord.

Pour ma part, c'est cette déclaration qui a mis le feu à ma poudre.

Merci pour ce dialogue intéressant.

vennest a dit...

(@Laurence) Malentendu: j'estime que tout ce charabia sur ouverture-fermeture - dans la bouche de qui que ce soit et exprimé dans le sens qu'on voudra - ne tient pas la route (ça ne veut rien dire de précis, ça ne se mesure pas, donc ça n'a rien à voir ici) et, de plus, n'est même pas un facteur: les Noirs américains d'il y a 150 ans, développant peu à peu le jazz, étaient hermétiquement "fermés"... So what? On peut être culturellement soit omnivore soit végétarien soit carnivore, l'important, c'est ce qu'on fait avec ça, c'est ce qu'on produit. Il y a des cultures perméables qui produisent, d'autres qui ne produisent pas (connaissez-vous la chanson allemande? y en a-t-il une?). La perméabilité culturelle n'est ni un facteur ni une condition ni un enjeu. Pas de quoi s'insulter. Mais je déplore que Gélinas fasse appel à ça, au nom de son obligation marchande auto-imposée d'être une sorte de magasin général (le fantasme "musique du monde"). C'est un choix, ni bon ni mauvais. Ça dépend s'il y a du monde dans la salle. BREF, cette dichotomie ouverture-fermeture ne m'intéresse pas, ça ne fait pas partie de mon argumentation, donc je ne vois pas en quoi ça pourrait vous décevoir.

vennest a dit...

(@Laurence) (Juste pour tenter de mettre un point final à ce side-show sur la fausse notion ouvert-fermé). L'identité collective est une réponse culturelle collective à l'environnement, quelle que soit la nature et la composition de cet environnement, et indépendamment du fait qu'il comporte ou non la présence d'autres identité, d'autres cultures, d'autres réponses. Donc ouvert ou fermé n'est pas une vertu, ni une gloire ni une qualité ni un défaut, c'est juste une caractéristique factuelle, objective. L'art africain du masque, le Gospel américain, l'opera chinois sont des manifestations culturelles (donc identitaires) développées dans un état d'étanchéité culturelle. Inversement, chez les peuples plus voyageurs (essentiellement les Occidentaux), il y a eu porosité... et Picasso a piqué dans l'art africain comme Ravel a piqué dans le jazz, les Beatles ont piqué dans le R&B (et dans la musique celte et dans la musique indienne). Vigneault a piqué dans Bach (car être ouvert, c'est pas juste de downloader le stock courant US ou serbo-croate).


Je veux juste vous amener à voir que ces épithètes (ouvert, fermé) ne renvoient à rien de fondamental, à rien de qualitatif, à rien de décisif. C'est juste une notion à la mode, devenue chez nous une espèce de dogme. Mais dans "la vraie vie", c'est du vent, juste "l'air du temps". Ne vous laissez pas évaluer par l'air du temps.


Esst-ce que je vous déçois toujours?

Michel Laurence a dit...

Monsieur Venne,

Je ne peux accepter ce que vous dites concernant le principe de l’ouverture sur le monde, mais peut-être est-ce de ma faute. Je ne devrais pas tenir pour acquis que ce qui m’apparaît évident l’est aussi pour tout le monde.

Une dernière tentative.

Le faux argument de « l’ouverture sur le monde » ou de la « non-ouverture sur le monde » selon qui l’utilise est la derrière arme imaginée par les fédéralistes pour culpabiliser les Québécois chaque fois qu’ils osent s’affirmer comme peuple francophone.

Les tenants du multiculturalisme national (au sens québécois du terme), récemment rebaptisé diversité culturelle pour mieux semer la confusion chez les Québécois entre la nécessité de défendre et promouvoir la diversité culturelle au niveau mondial et celle de s’affirmer comme société francophone de langue et de culture, l’ont exploité à outrance au niveau national (au sens québécois du terme) et municipal dans le but d’occulter dans la masse culturelle notre culture, la culture québécoise francophone.

Charest et son PLQ ont utilisé l’argument de « l’ouverture sur le monde » pour justifier son infâme loi sur les écoles passerelles.

Les tenants des accommodements que j’appelle déraisonnables l’ont aussi utilisé pour nous ébranler et nous faire accepter l’inacceptable dans une société que nous voulons laïque.

Un bel exemple, Robert Lepage. A-t-il renié sa francophonie pour réussir internationalement ? N’est-ce pas aussi ce caractère francophone qui le distingue comme il nous distingue, nous le Québécois ? Robert Lepage est-il fermé sur le monde ?

Je le répète, chaque fois que les Canadians ou les fédéralistes ou les mange-canayens (comprendre mange-Québécois) ou même la droite québécoise essaie de nous culpabiliser, ils utilisent tous cet argument du : « Vous refusez de vous ouvrir sur le monde. »

Je conclurai en paraphrasant Pierre Bourgault : « Chaque fois que je défends la langue française et la culture québécoise, ce sont toutes les langues et les cultures que je défends. »

Merci et au plaisir.

En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !