J'ai un parti pris pour mon pays, le Québec, et pour ma langue, le français.


En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !

20 juillet 2011

Gare au gorille... La fin du fédéralisme rentable !



Je publie exceptionnellement dans mon blogue, un texte très intéressant de Richard Le Hir, président du R.I.N.
Le gorille de 400kg que les fédéralistes voulaient nous cacher
Mercredi 20 juillet 2011


Les Américains ont une expression imagée pour parler d’un sujet très important dont personne ne veut reconnaître l’existence. C’est le « 800 pound gorilla in the room ».
Figurez-vous donc que la crise financière de 2008 a justement eu pour effet d’envoyer choir un gorille de 400 kg sur les genoux du gouvernement fédéral et des provinces qui menace même la survie du pays, s’il faut en croire une étude réalisée par le professeur Tom Courchesne de l’Université Queen’s, un éminent spécialiste des relations fédérales-provinciales.
C’est du moins ce que rapporte le National Post ce matin dans un article qui ébranle sérieusement les colonnes du fédéralisme canadien et dont on imagine facilement qu’il ait pu être publié à contrecœur et la mort dans l’âme.
Lisez bien (caractères gras sont de l'auteur)
TORONTO — In just three years, Ontario has become the second-largest recipient of equalization payments in the country, with $2.2-billion set to flow into its “have-not” coffers this year.
Only Quebec, which takes in $7.8-billion in such payments, receives more.
More ominously, Ontario’s burgeoning take threatens to destabilize Confederation, says one of the country’s leading academics, by creating problems for Quebec, Manitoba and the Atlantic provinces.
Tom Courchene, an economist at Queen’s University and a senior scholar at the Institute of Research on Public Policy says those other have-not provinces will find themselves increasingly squeezed out of a fixed pot of equalization money as Ontario takes a bigger share of the pie.
Federal equalization payments to Ontario have risen 534% in the two years since the province received its first payment. The program has been capped at Canada’s GDP growth since 2009.
Courchene says, that as a result, a “crowding out” effect will make flaws in the oft-criticized federal program harder to ignore.
“The poorer Ontario is, the less other provinces are going to get,” he says. “It’s a big issue and it’s going to get bigger.”
Matthew Mendelsohn, director of the Mowat Centre for Policy Innovation, says Ontario’s growing equalization take will likely cause tension between recipient provinces and the federal government.
Des tensions ? Quel bel euphémisme ! Regardez bien la chicane « pogner » dans les mois qui viennent !
Pour ceux d’entre vous pour qui ce développement constituerait une nouvelle, je me permets de vous citer un de mes articles publiés ici même sur Vigile le 26 mars 2010, soit il y a plus de quinze mois, au lendemain du dépôt du budget ontarien 2010 – 2011 : 
Les malheurs de l’Ontario
La nouvelle donne change complètement la dynamique du système 
Jour de budget hier en Ontario. À voir le peu de cas que semble en faire le Globe and Mail aujourd’hui, on pourrait croire qu’il ne s’est rien passé. À peine une chronique de Jeffrey Simpson pour signaler l’événement. Mais quelle chronique ! Intitulée « Ontario lifted Canada up. Now it’ll drag it down » , on y lit en filigrane l’incroyable portrait du déclin de la province qui était encore il y a peu le moteur de l’économie canadienne. Et la conclusion de Simpson est tellement noire que je risquerais de me faire taxer d’exagérer si je ne le citais pas au mot « The crumbling of Ontario, in other words, will continue. No sympathy will be found outside the province for its plight, but the repercussions will be felt across the country. » Crumbling, l’effritement !
L’Ontario en train de s’effriter ! On croit rêver. C’est pourtant exactement la situation que je vous ai annoncée dans deux textes diffusés sur Vigile le mois dernier : « Attention, M. Charest ! La Reine est toute nue », et « Terminus : Tout l’monde descend ! » Ne me manquait que la confirmation du Canada anglais de la justesse de mon analyse. Avec la chronique de Jeffrey Simpson, c’est maintenant chose faite. Et soyez assuré que lorsqu’il recevra un petit appel d’Ottawa pour lui souligner l’usage que les indépendantistes québécois peuvent faire de ses propos stratégiquement inopportuns, il reviendra sur ses propos pour tenter de les atténuer. C’est en fait comme ça que les choses se passent dans ce « beau » pays qu’on voudrait tant à Ottawa qu’il soit aussi le nôtre.
Mais revenons sur les chiffres du budget ontarien pour tenter de comprendre un peu mieux ce qui se passe. Après un déficit pour l’année en cours qui avoisine les 21 milliards, le ministre des Finances de l’Ontario, avec ses lunettes les plus roses, prévoit une accumulation de déficits pour un total de plus de 100 milliards au cours des six prochaines années. Et il s’agit de prévisions auxquelles les observateurs informés n’accordent aucune crédibilité car elles reposent sur des hypothèses beaucoup trop optimistes quant à l’évolution des taux d’intérêt, au rythme de progression des dépenses de santé, à l’inflation, à la capacité de la province de contrôler les salaires de sa fonction publique, à la capacité du gouvernement fédéral de maintenir ses transferts aux niveaux actuels, pour ne nommer que les facteurs les plus importants.
D’ici trois ou quatre ans seulement, le fardeau de la dette de l’Ontario en proportion de son PIB aura rejoint le niveau de celui du Québec. Dans un tel contexte, on peut facilement comprendre que tous les avantages de l’Ontario sur le Québec vont fondre comme neige au soleil, et que le Québec se trouvera alors en bien meilleure position que l’Ontario du fait de son hydro-électricité alors que l’Ontario sera prise avec son éléphant blanc du nucléaire.
En fait, et on la voit maintenant foncer sur nous comme un autobus, la prochaine crise du système fédéral sera celle de la capacité d’Ottawa, dans le contexte de la crise financière dont le début remonte à 2008, de maintenir les transferts aux provinces. En 2008-2009, l’Ontario a reçu un peu plus de 16,5 milliards, et ce chiffre n’incluait aucune somme au titre de la péréquation. En 2010, le montant ses transferts fédéraux à l’Ontario atteindra les 23 milliards si le fédéral est en mesure de maintenir son effort au niveau actuel, ce qui dépendra largement de la conjoncture des prochains mois. Vu le degré d’inter-relation de l’économie ontarienne avec l’économie américaine (80%), toute lenteur ou simplement langueur dans la reprise aux États-Unis aura des conséquences très graves sur la croissance au Canada. Et il existe maintenant des signes que ce sera le cas.Dans les années qui viennent, la preuve de la rentabilité du fédéralisme va être très difficile à faire, et la preuve de sa non rentabilité va être beaucoup plus facile à faire. C’est aussi la fin du chantage à l’exode, car la vie ne sera pas plus facile ailleurs. En fait, elle pourrait même l’être moins, si l’on en juge par le renversement de négatif à positif du solde migratoire interprovincial depuis deux ou trois ans. Quand je dis que la conjoncture ne sera jamais meilleure pour que le Québec devienne indépendant, c’est de ça que je parle. J’espère qu’il y a quelqu’un qui m’entend.
Et le pire des scénarios que j’évoquais alors est justement en train de se réaliser :« Vu le degré d’inter-relation de l’économie ontarienne avec l’économie américaine (80%), toute lenteur ou simplement langueur dans la reprise aux États-Unis aura des conséquences très graves sur la croissance au Canada. Et il existe maintenant des signes que ce sera le cas. »
Comprenez bien que je ne cherche pas à monter en épingle mes talents de prévisionnistes. Le raisonnement que j’ai fait à cette époque était à la portée de toute personne raisonnablement informée de ces questions. Vous pouvez donc être assurés que le gouvernement fédéral le savait et que tous les gouvernements provinciaux, y compris le nôtre, le savaient aussi.
Vous comprenez donc que cette question a été délibérément laissée dans le noir lors de la dernière campagne fédérale, et ça vous permet de comprendre à quel point le Bloc Québécois dormait « sur la switch ». Et le PQ, le nez collé à terre sur des bébelles d’amphithéâtres au lieu de l’avoir sur les véritables enjeux, risque de subir le même sort.
Ce n’est pas parce que l’enjeu de la péréquation n’est pas « sexy » qu’il n’est pas le plus déterminant de tous. Depuis le temps qu’on nous bassine avec le fédéralisme rentable…
Alors non seulement le fédéralisme ne sera plus rentable, mais en plus il faudra se farcir Harper ! Vous en voulez des claques ?

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