27 juillet 2011

Le 194e État sera le QUÉBEC

René Marcel Sauvé
27 juillet 2011

Beaucoup reprochent à madame Marois et au Parti québécois de ne pas avoir suivi les plans dressés en 2005 pour l’avenir du Québec.

Et si, comme il arrive souvent, ces plans étaient désuets avant de commencer ? Par les temps qui courent, tout se passe très vite. Ceci à cause des nouvelles communications qui changent instantanément une donne et obligent à composer rapidement avec les changements qui s’annoncent et qui surgissent, toujours dans les communications.

Le pouvoir est complètement dans ses communications. Cet axiome est central en géopolitique et en stratégie d’État. Tout changement dans les communications, toutes les communications en commençant par le langage et les communications humaines, pour passer ensuite par les changements qui se produisent dans la géographie et les techniques, tout changement donc, entrainent derechef des déplacements des bases des pouvoirs existants. C’est ainsi que naissent et que tombent les empires et que naissent de nouveaux pouvoirs qui surgissent et remettent en question les pouvoirs existants ou décadents, faute de ne pouvoir mettre en pratique les principes fondamentaux qui gouvernent toute stratégie d’envergure : appréciation rigoureuse du contexte et de la situation, détermination et maintien d’objectifs praticables, maintien de la confiance et du moral, concentration et économie de l’effort, simplicité, souplesse, coordination, coopération, administration et logistique. Ces principes sont simples et connus depuis des millénaires, mais demeurent incompréhensibles pour quiconque n’a jamais été impliqué dans l’action. Parce que l’action, qui est fondamentale et primitive, n’est ni littérature ni poésie.

Le succès dans l’action dépend exclusivement de l’indispensable ACTE DE PRÉSENCE EN TEMPS ET LIEU, que les littérateurs qui vivent dans le passé sont incapables de saisir.

Parlant communications, aujourd’hui, on prend l’avion comme autrefois le train. Allez chez Future Shop après un mois ou deux et vous serez perdus, tant il y a de nouveautés en technologie.

Encore pire pour moi né en 1931, alors qu’il y avait des chevaux plein les rues, de même que le téléphone à cadrant et l’opératrice qu’il fallait appeler pour communiquer avec la Rive Sud. Mon beau frère qui vit dans la vallée de la NAPA en Californie est tombé malade et nous y étions en moins d’une journée. Ma femme est en train de prendre sept semaines de vacances en Australie. Elle communique régulièrement par Courriel pour me dire quoi faire avec ses plantes et ses chats. Un de mes fils, qui trouve son père un peu arriéré, vient de me montrer comment m’abonner et communiquer par SKYPE.

Ouf qu’il faut en apprendre des choses pour continuer de vivre dans les temps actuels, et qui ne s’adapte pas ne peut pas vivre.

Les découvertes récentes sur la santé vont peut-être me faire vivre encore dix ou douze ans et je n’ai nulle intention de rester passif assis sur une chaise en attendant qu’il se passe quelque chose.

Et sur le plan économique, politique et social ? Vous ne voyez pas â quelle vitesse les évènements se succèdent. Je n’ose rien prévoir ni planifier à plus d’un ou deux ans d’avance. Quant aux plans que j’ai ou j’aurais pu formuler il y a quatre ou cinq ans, ils sont tombés et oubliés depuis longtemps.

De même la vie politique. Inutile et futile de dresser des beaux plans d’avance dont les circonstances vont se moquer. Mieux vaut connaitre les CONTINUITÉS, ce qui dure et perdure alors que le reste passe. Les continuités sont l’objet de la géopolitique, discipline des constantes par opposition aux variables des sciences politiques. Ces variables, vous les connaissez, c’est tout ce qui change ou apporte le changement : hommes et femmes politiques, partis, factions, tendances, nécessités du moment, bref tout ce qui change d’un moment à l’autre, et auquel nous aurions grand tort de nous accrocher comme des enfants et des adultes enfants trop dépendants.

La géopolitique c’est tout ce qui est fait et s’est accompli jusqu’à maintenant, ce qui est en place, dure et va durer, ce qui s’inscrit dans les continuités vécues depuis le commencement par toutes les générations qui nous ont précédés. C’est un univers de certitudes opératives qui permettent d’inscrire notre action sur le long terme.

Et qu’est-ce qui s’est produit à long terme ? Il s’est produit que non seulement NOUS, Québécois descendants des colons de Nouvelle-France, avons survécu envers et contre l’adversité qui s’est présentée : nous avons construit les fondements d’une Nation et d’un État nouveau dans l’échiquier du monde actuel, le monde de 2011 et au-delà.

Notre problème n’est pas le Canada qui est un continent. Notre problème, c’est Ottawa, capitale postimpériale et brandon politique de la bourse de Bay Street.

Qu’allons-nous faire à court et à long terme ? Il est évident qu’Ottawa a usurpé des pouvoirs qui ne lui appartiennent pas et que ses sbires sont prêts à tout pour garder pouvoirs, prérogatives et bénéfices.

Nous ne pouvons avoir dès maintenant toutes les solutions ni aucune solution magique. Cependant, dans un premier temps, nous pouvons signifier au monde entier et partout en Amérique du Nord que NOUS SOMMES UNE NATION ET QUE NOUS AVONS LES ASSISES DE NOTRE PROPRE ÉTAT.

Le Canada anglais va alors nous dire : What are you going to do about it ?

Notre réponse : Une déclaration unilatérale d’indépendance.

Cette perspective DOIT ÊTRE PRÉSENTE DANS LA POLITIQUE DU PARTI QUÉBÉCOIS ET CE, AVANT LES ÉLECTIONS. Il n’y a plus à lésiner. La politique du Parti québécois doit être claire et sans équivoque en partant. Tous les électeurs doivent savoir avant de voter que cette fois, s’ils votent pour le Parti québécois, ils ont déjà décidé ce qui suit :

Vous votez pour le Parti québécois, c’est parce que vous avez décidé sans équivoque ce qui suit :

1. Vous reconnaissez le Québec comme votre seule Nation.

2. Vous reconnaissez le gouvernement du Québec comme le seul à qui vous accordez votre appui.

3. Vous reconnaissez le Québec comme le seul État ayant pleine autorité sur le territoire du Québec.

4. Vous autorisez le gouvernement du Québec à récupérer tous les pouvoirs d’États présentement détenus par Ottawa, d’une manière ferme et digne.

5. Vous autorisez le gouvernement du Québec à organiser les relations internationales du Québec sur une base d’État.

Tel est notre nouveau point de départ. IL Y A 193 ÉTATS RECONNUS DANS LE MONDE, LE 194e SERA LE QUÉBEC.


En fait, notre pays, nous l'avons, mais nous n'osons pas en prendre possession !

À nous d'agir et de cesser d'avoir peur !