1 décembre 2014

Discours de Pierre Karl Péladeau - dimanche 30 novembre 2014

Mes chers amis

C’est un grand jour pour moi.

C’est un immense plaisir de vous voir aujourd’hui, dans ce comté où nous nous sommes d’abord rencontrés.

Il y a près de huit mois, je franchissais une étape importante dans ma vie : je quittais le monde des affaires pour faire le saut en politique.

Le 9 mars, je me présentais comme candidat pour le Parti Québécois dans le comté de Saint-Jérôme. J’en fus élu député et je le représente fièrement.

Aujourd’hui, c’est un saut aussi important.

Vous le savez, et ce n’est plus un secret, mais je vous annonce officiellement aujourd’hui que je serai candidat à la direction du Parti Québécois.

Vous l’aurez remarqué, je ne me suis pas précipité dans cette course.

Ces derniers temps, on m’a souvent demandé si je me présenterais. Et chaque fois, je répondais que j’étais en réflexion en toute sincérité.

Si j’ai longuement réfléchi, c’est que je voulais prendre toute la mesure de ce rôle.

Je voulais réfléchir à l’histoire de notre parti, et aussi, et surtout au projet de pays.

Je voulais me promener partout au Québec. Je l’ai d’ailleurs fait au cours d’une dizaine de réunion avec les militants, de Charlesbourg à Terrebonne, de St-Jean Chrysostome à Trois-Rivières et bien évidemment à Saint-Jérôme.

Vous le savez, j’ai passé l’essentiel de mon existence à créer de la richesse, des emplois et aussi à poursuivre l’œuvre de mon père qui voulait démontrer que les Québécois pouvaient et devaient réussir aussi dans le monde des affaires comme bien d’autres Québécois l’avaient fait dans d’autres champs d’activités.

Cela m’a appris une chose : il est absolument fondamental qu’un peuple contrôle son économie.

Maîtriser son économie, c’est être maître chez soi, c’est avoir le contrôle de son destin, ne pas être soumis à une volonté qui n’est pas prioritairement consacrée à nos concitoyens.

Être maître chez soi, c’est la grande leçon que nous ne devons jamais oublier de la Révolution tranquille, prélude à l’émergence des Québécois dans le monde économique.

J’ai travaillé, vous le savez, dans une entreprise qui joue un rôle majeur dans la culture québécoise.

Une culture que j’aime du fond du cœur, qui est l’expression de la personnalité profonde de notre Québec.

Une culture qui nous donne des raisons de vivre et dans laquelle Julie et moi éduquons nos enfants fièrement.

Une culture qui doit vivre, qui doit fleurir, qui doit rayonner.

Mon entreprise, je l’ai reçue en héritage de mon père, et je l’ai fait croître. Je ne suis pas parti de rien, mais de ce que m’a laissé un grand bâtisseur de notre Québec moderne. Je crois bien qu’il serait très fier de mon choix.

C’était un grand Québécois. Il a voulu faire la preuve que les Québécois étaient capables de grandes choses, qu’ils n’étaient pas nés pour un petit pain pour employer cette expression que tous connaissent.

J’ai travaillé à faire grandir ce que j’avais reçu. Et je ne suis pas le seul à avoir fait de même.

Chaque génération devrait se dire la chose suivante : lorsque vous avez autant reçu, il faut savoir donner davantage.


Nous devons énormément à ceux qui nous ont précédés.

Nous devrons en remettre encore plus à nos enfants. Et c’est pour cela que nous devons croire en la politique : pour bâtir ensemble un avenir encore meilleur.

Si je me lance en politique, c’est parce que j’ai envie de rendre au Québec ce qu’il m’a donné.

Je crois en la politique. On ne s’y lance pas à la légère. On s’y engage parce qu’on croit dans le plus profond de son être que c’est la manière la plus noble de servir son pays.

Et si je m’y suis engagé en ralliant le Parti Québécois dont je suis un fier membre aujourd’hui, c’est parce qu’il est celui qui a le mieux servi les Québécois et celui qui continuera à mieux les servir.

Le chef du PQ n’est pas le chef d’un parti parmi d’autres. Les Québécois sont plus exigeants envers lui qu’envers les autres chefs politiques. C’est normal. Le chef du PQ est celui ou celle qui désire accomplir ce qu’il y a de plus légitime dans la vie d’un peuple, faire de sa nation un pays.


Le chef du Parti Québécois doit rassembler. Il doit rassembler les souverainistes. Plus encore, il doit rassembler les Québécois, au-delà des étiquettes qui les divisent.

Car les Québécois ont beaucoup plus en commun qu’on ne le croit.

Nous partageons une langue, une culture, des institutions, un territoire.

Nous avons un même désir de pour suivre ensemble leur histoire. Nous avons traversé des épreuves, nous en traverserons d’autres.

Mais nous avons toujours décidé de le faire ensemble en sachant qu’ensemble, nous pourrions bâtir un Québec toujours plus beau, toujours plus riche, toujours plus juste.

La tâche du prochain chef du Parti Québécois n’est pas une mince affaire

Il devra d’abord reconquérir ceux et celles qui doutent maintenant des bienfaits d’être maître chez nous.

  
Notre parti est une institution robuste et fragile.

Il est robuste, car il a traversé de dures épreuves, au fil de l’histoire. Il a survécu à toutes les prévisions qui annonçaient sa disparition.

Il ne faut pas s’en étonner. Le Parti Québécois est le véhicule d’une aspiration indémodable, celle de la liberté de notre nation.

Mais notre parti est fragile. La défaite n’est jamais agréable et celle du 7 avril l’était encore moins. Elle nous a ébranlés. Elle m’a ébranlé aussi.

Certains sont tentés de baisser les bras. Ils ne devraient pas.

Car la défaite peut toutefois donner l’occasion de changer ce qui n’allait pas, de se donner une nouvelle direction.

On cherche à nous faire croire que la souveraineté est déphasée.

Cette idée s’est lentement installée.

C’est faux. C’est terriblement faux.

Dans de nombreux peuples, elle fleurit et elle pourra fleurir au Québec, mais nous devons en faire la preuve en partant à la rencontre des Québécois et des Québécoises.

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Le Québec traverse actuellement une crise majeure.

Jamais le gouvernement québécois n’a été aussi éloigné des intérêts des Québécois.

Il agit comme fossoyeur d’une multitude d’institutions, la dernière en date étant les CPE, qui ont fait du Québec une société distincte caractérisée particulièrement par un esprit de solidarité hérité de nos ancêtres qui ne l’ont pas eu facile.

Philippe Couillard travaille fort à obtenir le titre de pire premier ministre de notre histoire. Et tous, nous pouvons craindre qu’il y arrivera à brève échéance.

Il regarde notre peuple de haut, persuadé de tout comprendre ce qui lui échappe. Il pense et il agit comme quelqu’un qui veut avoir raison contre tout le monde.

Dans quatre ans, il nous faudra bâtir une grande coalition québécoise pour entreprendre la reconstruction du pays. C’est ce à quoi je m’efforcerai d’accomplir.

Cette coalition, il faut commencer à la bâtir maintenant. Il nous faut bâtir l’alternative crédible au gouvernement Couillard, qui inspirera chez notre peuple le goût du dépassement qui rend les grandes choses possibles.

Le choix sera clair : entre un parti qui se contente d’un espace réduit pour le Québec et un autre qui croit que les Québécois sont capables de prendre en main leurs destinées.

Entre un parti qui s’imagine que la solidarité coûte trop cher, que la culture coûte trop cher, que notre identité coûte trop cher, et un autre qui croit que la solidarité nous rend forts, que la culture nous rend fiers et que notre identité est notre héritage le plus précieux.

C’est une conviction que j’avais lorsque j’évoluais dans le monde des affaires. Elle est renforcée en politique : on ne fait rien de durable sans une vision claire.

Ce qui veut dire que cette coalition,elle avancera sous un étendard qu’elle ne cachera plus jamais : celui du pays québécois.

Je me souviens de mes jeunes années : la souveraineté avait quelque chose de romantique.

La souveraineté, c’est évidemment une question de cœur. Être chez soi, dans notre vrai pays comme tous les peuples qui ont eu le courage de s’affirmer.

La souveraineté, c’est aussi une question de culture. Vivre dans sa langue et ne pas voir l’État canadien saper nos efforts pour permettre notre épanouissement et notre rayonnement.

Toutefois, on le sait, notre cause a connu de meilleurs jours.

S’il faut en croire les prophètes de misère, le 7 avril les Québécois se sont massivement convertis au fédéralisme.

Ce n’est pas ainsi que j’ai compris leur message.

Pour plusieurs, la souveraineté est devenue bien lointaine et bien abstraite. Les tenants du fédéralisme l’ont réduit à la tenue d’un referendum divisant les familles. Je dirais plutôt qu’ils sont moins hostiles à la souveraineté qu’ils l’ont plutôt perdu de vue.

Comme s’ils ne voyaient pas à quoi elle pouvait servir et ce qu’elle pouvait nous apporter.

Ils nous ont dit : faites votre travail. Vous voulez faire la souveraineté ? Expliquez-nous pourquoi.

Je suis d’accord. Comment ne pas l’être ?

À ce grand élan du cœur dont je parlais doit s’ajouter une minutieuse et concrète démonstration des avantages du pays.

  

Nous devrons faire la preuve que du Québec-province au Québec-pays, les Québécois seront gagnants et que nous continuerons à réussir délivré des obstacles que l’État canadien aura mis sur notre chemin, pour ralentir notre légitime quête de liberté

Ce pays nous appartiendra, nous pourrons le faire fructifier pour nous avant tout, le faire pour nos enfants,le faire pour que nous soyons fiers des emplois et de la richesse que nous continuerons à créer au bénéfice de tous.

Nous n’aurons plus à quémander au gouvernement canadien l’aumône de cette fausse péréquation que l’on nous sert pour mieux nous endormir et nous assujettir à cette funeste conception que nous ne valons pas la peine d’être libre.

Pour parler du pays, il faudra sortir des sentiers battus.

Par exemple, on parle beaucoup d’environnement depuis quelques années. C’est une grande révolution des mentalités que nous avons connue : nous avons découvert que la planète est fragile, qu’il faut en prendre soin.

Nous avons compris qu’on ne saurait développer en saccageant. Le souci de l’environnement, c’est celui du monde dans lequel nous vivrons.

La question de l’environnement est bien plus concrète que certains veulent nous faire croire.

Entre le Québec et le Canada, un désaccord de plus en majeur se fait voir. Alors que le Québec opère un passage réussi vers l’économie verte, le Canada se contente de devenir un État pétrolier.

On le voit en ce moment avec le débat sur l’oléoduc. Philippe Couillard semble croire que le Québec doit consentir à l’oléoduc sans rien dire en guise de remerciements pour la péréquation canadienne. Je m’oppose à cette mentalité de porteur d’eau, fier de l’être et incapable de s’affirmer par lui même.

Il ne s’agit pas de s’opposer au développement. Mais le vrai développement est durable et intelligent. Le Québec a un privilège d’ailleurs. 

Ses intérêts économiques croisent ses intérêts écologiques. Nous ne devons sacrifier ni les uns, ni les autres.



Parce que de grands citoyens nous ont laissé des réalisations remarquables comme Hydro-Québec, cette richesse nationale qui produit de l’énergie hydroélectrique, verte et durable, nous pouvons et nous devons nous investir sur le chantier planétaire de l’écologie et offrir à notre jeunesse des opportunités de création de richesse bénéfique pour toute l’humanité aux prises avec le fléau de la pollution.

Plus prosaïquement aussi, nous le voyons avec le pont Champlain. Comment tolérer que ce soit le gouvernement fédéral qui décide pour le Québec dans une question aussi vitale que celle du transport ?

Mon expérience comme chef d’entreprise me vient à l’esprit. Il nous faut une vision d’ensemble de notre situation dans la fédération canadienne. Ce n’est qu’ainsi qu’on comprendra à quel point y appartenir nous limite notre potentiel d’enrichissement.

Les intérêts du Québec se déclinent sur plusieurs facettes. De la politique énergétique à la politique économique, de la question des transports à celle de l’accueil des immigrants, il faut toujours faire ressortir l’intérêt québécois.

Et c’est ainsi que les Québécois découvriront les avantages concrets de faire du Québec un pays.

Notre plus bel actif d’avenir, c’est notre jeunesse. Ils vivent pleinement la mondialisation, ils se sentent pleinement Québécois, ils ne ressentent aucune contradiction entre les deux.

Ils ne doutent pas de leur identité, et pourtant, ils ne voient plus comment la souveraineté pourrait leur servir.

Aux dernières élections, ils n’ont pas suffisamment rejoint le Parti Québécois.

L’immense opportunité qui s’ouvre à nous est de les intéresser aux défis de notre nation. Nous devons les convaincre de voir la souveraineté non pas comme un repli sur un Québec forteresse, mais comme la plus belle manière de se lancer à la conquête du monde.

Je vois des milliers de Québécois réussir sur tous les continents, et conserver un lien vivant avec leur pays. Tout comme ceux et celles qui, venant de l’extérieur, reconnaissent l’ouverture d’esprit et la générosité légendaire des Québécois.

C’est ainsi aussi que nous convaincrons nos compatriotes issus de l’immigration de rejoindre notre cause.

Une chose est certaine : le Québec est assez riche pour devenir un pays. Il le serait encore plus s’il était indépendant.

Je crois qu’il est possible de faire du Québec un pays français, prospère, et juste où chacun aurait la chance de réussir. Un pays qui réussira collectivement et qui rendra possibles des millions de réussites individuelles.

Je crois à une société prospère, vous le savez. Et je crois que la prospérité est la meilleure garante de la solidarité.

Celle que nous devons à ceux qui n’ont pas été privilégiés par leur naissance, nous ne devons jamais les abandonner.

Celle que nous devons aussi aux jeunes familles qui ressentent les contraintes épuisantes de la vie d’aujourd’hui et qui ont besoin d’un coup de pouce, de savoir que l’État est présent pour leur permettre de réussir.

La solidarité ne doit pas être qu’un slogan. Elle est concrète, ressentie et vécue.
  

Elle est inscrite dans le cœur de notre histoire. Elle a d’abord été une question de survie.

C’est cette solidarité dans nos villages et nos paroisses, dans nos villes et dans nos quartiers, qui a façonné cette sensibilité constituant aussi un des fondements de notre être et de notre culture.

Une petite nation francophone en Amérique ne pouvait pas faire autrement.

Nous nous sommes toujours entraidés. Nous n’avions pas le choix. Cela ne veut pas dire, pour autant, que nous ne croyons pas au succès individuel, à l’effort individuel, à la réussite individuelle. Peut-être aussi devrions-nous la célébrer encore davantage pour que nous puissions en être encore plus fiers collectivement.

Avec la Révolution tranquille, nous avons commencé à nous affirmer. Nous avons demandé à l’État de jouer son rôle et de tisser un filet social pour nous assurer que personne ne soit laissé pour compte. L’État doit être le gardien de notre solidarité. Car l’État n’est pas l’entreprise privée.

  
Évidemment, il faut moderniser l’État. Il faut le gérer avec rigueur. Gérer de manière rigoureuse nos finances, c’est une manière de tendre la main à ceux qui nous suivront.

Mais ce n’est certes pas en utilisant la vision unidimensionnelle du parti libéral, celle d’uniquement couper dans les dépenses dans la plus grande improvisation que nous nous engageons dans la voie de l’avenir. La création de richesse et l’investissement dans nos chantiers d’avenir ne font partie de leur réflexion ni de leur espérance.

Surtout, une gestion rigoureuse n’est pas une gestion sans ambition.

Par exemple, mon récent passage à Hydro-Québec m’a convaincu d’une chose : de grands projets susceptibles de conjuguer l’économie et l’environnement sont possibles.

Je pense ici à l’électrification des transports, qui n’est pas une utopie, mais un vrai projet de société.

Il faudra aussi identifier les filières, comme celle de l’aluminium, par exemple,qui sont les plus susceptibles de permettre le développement de l’économie québécoise dans le contexte de la mondialisation.

Je pourrais énumérer des tas d’exemples pour illustrer ce rôle de l’État qu’il nous faut réhabiliter.

C’est pour cela que j’ai soulevé à plusieurs reprises la question d’une politique industrielle québécoise. Il est insensé qu’il n’en existe aucune digne de ce nom en ce moment.

Mais qu’on me comprenne bien : dire que l’État peut jouer un rôle, cela ne consiste pas à nier cela des individus.

Il faut renouer avec l’esprit d’initiative au Québec. On le sait, les Québécois, en Amérique du Nord,trainent de la patte en matière de création d’entreprises.

Nous devons nous redonner confiance et nous inspirer des succès de nos grands Québécois comme mon père et bien d’autres Jean Coutu, Alain Bouchard, Serge Godin qui nous servent tous de mentors à la réussite.

Le Québec sera prospère et il sera juste.

Et ce qui rendra possible notre excellence dans le monde qui vient, ce sera encore l’éducation. L’éducation,l’enseignement et la connaissance nous ont extirpé de l’ignorance, le malheureux trait commun de ces peuples qui ont subi les affres de la colonisation.

Les Québécois n’ont pas toujours suffisamment valorisé l’éducation parce notre histoire nous a enseigné qu’il était préférable de nous maintenir dans l’état de dépendance aux élites.

Et nous traînons encore aujourd’hui ce boulet, comme en témoigne un taux d’analphabétisme alarmant ainsi qu’un niveau de décrochage scolaire inacceptable. Il est inconcevable dans une société moderne et développée. Nous devons continuer ce combat et en faire une priorité nationale.

Les Québécois, avec la Révolution tranquille, ont investi considérablement en éducation. Nous devions démocratiser l’accès à l’école. 

C’était la meilleure manière d’assurer une promotion sociale et de sortir de notre infériorité économique. Nous avons relevé ce défi brillamment.

Aujourd’hui,les Québécois sont appelés à réaliser un effort semblable. À notre époque, ce sont les peuples les mieux formés qui auront le plus de succès. L’école doit équiper nos jeunes pour un monde nouveau tout en leur donnant un ancrage solide dans leur société.

L’école doit former des citoyens. Elle doit transmettre une culture et elle doit le faire fièrement. C’est une mission essentielle qu’elle doit pleinement assumer. Voilà le véritable humanisme.
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Maintenant,vous me permettrez de vous parler d’une question qui me tient particulièrement à cœur. Notre monde change. Mais une chose ne change pas, toutefois c’est notre attachement à la culture québécoise. C’est notre volonté de la voir rayonner.

La diversité culturelle est une grande cause aujourd’hui. Il ne faudrait pas que la mondialisation pousse à la disparition des cultures. 

Notre culture, celle qui nous a permis de survivre,elle est le ciment qui nous unit.

Il serait funeste que la culture québécoise ne devienne qu’une culture de traduction, et qu’elle ne soit plus capable de réaliser de ses productions originales, qui permettent aux gens d’ici de se retrouver dans des œuvres qui touchent à leur réalité.

De Nelligan à Gaston Miron, de Félix Leclerc à Gilles Vigneault, d’Ariane Moffat à Louis Jean Cormier, de Marie Laberge à Dany Laferrière, le génie québécois a explosé et explose encore de partout.

J’ai eu l’occasion, dans ma carrière, d’œuvrer à la construction et à la diffusion de la culture québécoise. J’en suis profondément fier. Je crois que nous devons soutenir nos créateurs comme jamais.

Alors voilà ce à quoi je crois, chers amis. Je crois au Québec, j’ai foi en lui, j’ai foi en notre peuple.

Avec des demi-pouvoirs, avec des demi-moyens, nous avons survécu, puis nous avons réalisé de grandes choses.

Nous avons réussi à protéger notre langue et notre culture, puis nous leur avons donné l’occasion, depuis cinquante ans de s’épanouir.

Imaginez ce que nous ferions si nous savions tous nos moyens.

Imaginez si ces efforts étaient investis dans le développement de nos ressources, dans la création de richesses, dans la recherche d’une société plus juste et plus verte.

Imaginez si nous nous assumions, tout simplement, et nous mettions nos énergies à bâtir une société meilleure.

Mes amis, je me présente à la direction du Parti Québécois parce que je crois, sincèrement, qu’avec vous, il nous sera possible de faire un pas décisif dans la grande quête qui nous anime.

Notre peuple est capable de grandes choses. Il est capable de se donner un pays français, prospère, juste et qui donnera sa chance à chacun.

Ce n’est pas un homme qui fera du Québec un pays. Ce n’est pas un parti non plus. C’est le peuple québécois qui se dira oui, oui à lui-même. Mon rôle, notre rôle, c’est de l’amener à reprendre confiance en lui, à réussir un pays.


Merci !

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